Rennes a la réputation d'une ville jeune et festive, mais ses dominatrices savent aussi cultiver la patience bretonne. Une femme dominatrice à Rennes aime souvent les rituels simples et réguliers : le marché des Lices le samedi matin, un café en terrasse place Sainte-Anne avant que la foule n'arrive, une balade sous les arbres du Thabor pour parler limites et envies. Le premier rendez-vous se fixe volontiers dans une crêperie tranquille du centre historique, dans un salon d'hôtel à deux pas de la gare pour ceux qui arrivent de Paris en TGV, ou près des Champs Libres, où l'on peut toujours prétexter une exposition. La rue Saint-Michel est à éviter les soirs de fête : une maîtresse dominatrice préfère qu'on l'écoute plutôt que de crier par-dessus la musique.
La pluie fine, réputée mais souvent exagérée, offre un prétexte parfait aux longues conversations à l'abri et aux jeux d'attente derrière une vitre embuée. Début décembre, les Transmusicales animent la ville, et certaines aiment envoyer leur soumis faire la queue à leur place, consigne oblige. Du côté de Sainte-Thérèse, de Bourg-l'Évêque, de Beaulieu ou de Jeanne-d'Arc, jusqu'à Cesson-Sévigné et Saint-Grégoire, les profils sont variés : étudiantes de longue date devenues cadres, Bretonnes de souche, nouvelles venues séduites par la ville. La domination féminine rennaise reste pourtant fidèle à un principe : discussion préalable, limites écrites, mot d'arrêt choisi à deux, et une soumission masculine vécue dans le respect, avec ce soupçon d'ironie qui rend tout plus léger. Beaucoup de membres d'ici sont aussi actifs sur rencontre infidèle.