Avignon a toujours aimé les femmes de pouvoir, et ses remparts semblent faits pour qu'on y marche un pas derrière quelqu'un. Une femme dominatrice à Avignon cultive l'art du décor et du rôle : la ville vit au rythme du théâtre, et les scènes d'autorité y trouvent un public naturellement averti. Le premier échange se tient dans un lieu neutre, à l'ombre des platanes de la place des Corps-Saints, à une table en terrasse sur l'Horloge hors saison, ou dans le patio d'un hôtel intra-muros où l'on parle à voix basse. Les jours de mistral, on file vers la rue des Teinturiers, au bord de la Sorgue, pour discuter de limites et de mots d'arrêt devant un café.
Celles qui publient ici habitent la Banasterie, le quartier des Carmes, Saint-Ruf, Montfavet ou, passé le Rhône, Villeneuve-lès-Avignon et Les Angles. En juillet, le Festival remplit tout et rend la discrétion difficile : beaucoup préfèrent alors suspendre les rencontres ou fuir vers l'île de la Barthelasse. À l'automne, la ville redevient provinciale, parfaite pour une rencontre dominatrice sans témoin. La domination féminine se pratique ici avec un goût du verbe et du costume, mais toujours dans un cadre net : discussion préalable, limites écrites, consentement réaffirmé à chaque étape. Trouver une maîtresse à Avignon, c'est accepter de jouer son rôle avec sincérité, et de laisser la direction à celle qui signe la pièce. Une autre adresse que les membres d'ici recommandent : sans tabou 34.