Brest est une ville de marins et d'arsenal, où l'on sait ce que veut dire un ordre bien donné. Une femme dominatrice à Brest n'a pas besoin d'élever la voix : la discipline est presque dans l'air, avec le crachin, les grues du port et le claquement des drisses au Moulin Blanc. Pour un premier échange, elle choisit un terrain neutre : une brasserie de la rue de Siam, le hall cossu d'un hôtel voisin de la gare, une terrasse abritée du côté du port de commerce quand le soleil daigne se montrer. On s'y vouvoie, on y parle franchement, on repart avec des limites claires.
Les femmes inscrites ici vivent à Recouvrance, à Saint-Martin, à Lambézellec, à Saint-Marc, à Bellevue ou en bordure de l'Élorn, au Relecq-Kerhuon et à Guipavas. Certaines ont trouvé leur voie à deux, d'autres dans un métier où commander est une nécessité. Elles pratiquent toutes une domination féminine cadrée : discussion préalable, consentement explicite, mot de sécurité respecté. Le téléphérique qui relie les deux rives au-dessus de la Penfeld fait un joli prétexte de premier rendez-vous ; les Ateliers des Capucins, vastes et animés, offrent un lieu idéal pour converser à l'abri des regards curieux. L'hiver, le vent d'ouest pousse vers les intérieurs et les longues discussions ; l'été, les soirées s'étirent jusqu'à vingt-trois heures. Une rencontre dominatrice à Brest se prépare comme une sortie en mer : météo vérifiée, équipage consentant, capitaine incontestée. Pour les soirs où tu veux autre chose, il y a adeptes du SM.