Dans la cité phocéenne, on aime les caractères entiers, et les dominatrices locales ne dérogent pas à la règle. Ici, le caractère se porte haut, la répartie fuse, et une femme dominatrice à Marseille n'a aucun mal à faire comprendre qui mène la conversation. Pourtant, derrière le verbe, on trouve un vrai sens du cadre : les premières rencontres se font volontiers sur une terrasse du Vieux-Port en milieu de matinée, dans un café du Cours Julien entre deux fresques, ou dans le lounge feutré d'un grand hôtel face à la mer, loin du tumulte de la Canebière. Les plus joueuses donnent rendez-vous au Vallon des Auffes et regardent leur prétendant descendre les escaliers, histoire de voir s'il arrive à l'heure malgré les embouteillages de la corniche.
Le mistral impose son rythme, et les maîtresses dominatrices phocéennes savent en jouer : un jour de vent, on reste à l'abri pour parler limites et protocole ; un jour calme, on marche jusqu'aux Goudes en silence, consigne oblige. Du Panier à Endoume, de Castellane à la Joliette, de Mazargues aux Cinq-Avenues, et jusqu'à Allauch ou Plan-de-Cuques, chaque quartier a ses habitudes, mais la règle reste la même. Une rencontre BDSM sérieuse commence par une discussion franche, des limites mises par écrit, un mot d'arrêt fixé ensemble, puis la domination féminine s'installe, solaire et ironique, avec ce mélange typiquement marseillais de chaleur et d'autorité. L'été, on se voit tôt ; l'hiver, la lumière douce rend chaque rendez-vous plus intime. Ceux qui aiment varier les plaisirs connaissent bien annonces baise.