Saint-Étienne a longtemps été une ville d'ouvriers, de mines et de manufactures, une ville où l'on respecte ceux qui tiennent parole. Ville du design aussi, et de plus en plus ville de bars et de terrasses, elle a gardé ce mélange de franchise et de pudeur qui convient parfaitement à une femme dominatrice à Saint-Etienne. Ici, la domination féminine se vit sans chichis mais avec une exigence réelle. Les premiers rendez-vous se donnent à une terrasse de la place Jean-Jaurès, sous les arbres, dans un bar du quartier Carnot ou à la terrasse d'un établissement de la place du Peuple. Certaines maîtresses préfèrent le salon d'un hôtel du côté de Châteaucreux, plus anonyme. On y parle cadre, limites, mot d'arrêt ; on y apprend à se jauger.
L'hiver est rude sur les collines stéphanoises, et les rencontres BDSM s'organisent alors autour de longues soirées, de protocoles écrits, de messages envoyés à heure fixe. Au printemps, les balades au parc de l'Europe ou sur les hauteurs du Crêt de Roc deviennent l'occasion de prolonger une conversation. Pendant la Biennale du design, la ville s'anime et les rendez-vous se décalent. De Bellevue à Fauriel, de Jacquard à Saint-Priest-en-Jarez, les profils rassemblés ici partagent une idée simple : une maîtresse dominatrice commande, l'homme obéit, et rien ne se fait sans accord préalable. Aucune violence, aucune humiliation dégradante, rien de vénal. Juste le plaisir d'une autorité franche, à la stéphanoise : on annonce ses envies, puis on s'y tient. Les beaux parleurs sont priés de s'abstenir. Les habitués du secteur passent aussi régulièrement par rencontre coquine.